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L'infarctus (crise cardiaque), ça m'est aussi arrivé !

Introduction

Je n'ai plus fait de sport depuis ma sortie du service militaire en tant qu'appelé en mai 1994... Je fumais depuis 1986 un peu plus d'un paquets de cigarettes par jour.

Comment expliquer, dire ou relater ce qui m'est arrivé sans être un peu mélodramatique ou inquisiteur !? Je ne sais pas, car ce qui m'est arrivé ce 16 mai 2014 a bien faillit être ma dernière journée.

L'histoire

Le matin

Nous sommes un vendredi ce jour là, dernier jour de boulot, je me lève et une petite douleur (sans plus) à la poitrine... Mais c'est rien, j'ai eu la même douleur en novembre et le médecin m'a juste prescrit des medocs pour une sorte de grippe qui touche presque les bronches.....

La matinée ce passe comme cela sans alerte supplémentaire autre que la douleur qui ne passe pas !

L’après midi

Dans l’après midi, c'est un peu différent, cette douleur augmente, s'accompagne de sueur froide, de quelques vertiges... Cela commence à m'inquièter, je me dis demain j'appelle le médecin !

Le soir

Le soir après 18h00 je rentre chez moi, ma femme est dans un institue de beauté pour des emplettes avec ma fille. Et je dois aller la chercher...

Je rentre avec ma fille et ma femme très fatigué, j'avoue que je commence à m’inquiéter, mais je tente de ne rien montrer. (En passant je ne pense à rien de vraiment grave mais ....)

Vers 19h00 la douleur redouble d'intensité et prend toute la poitrine, les sueurs froides sont là avec des vertiges et l'air extérieur ne me fait pas du bien. Ma femme est avec ma fille en train de lui donner le bain, je vais la voir et lui explique que j'appelle par téléphone SOS Médecins...

Le premier appel n'aboutit pas..... On peut mourir quoi ! 🙂

A 19h30 la crise est passée mais je rappelle SOS Médecins qui me répondent. Les questions d'usages... et surtout deux qui m'ont interpelé....

  • La douleur à la poitrine ressemble à des picotements ou un étau qui irradie ?
  • Avez-vous mal aux avants bras ou à la mâchoire ?

La douleur ressemblait à un étau enserrant la poitrine et oui j'ai mal à la mâchoire, mais.....

La personne au téléphone m'indique qu'ils m'envoient au plus vite un médecin, si ils ne peuvent pas alors ils m'enverront le SAMU, nous raccrochons !

Deux minutes plus tard SOS Médecin me rappelle et m'indique qu'ils ont envoyé les pompiers ! (?????? oui je m'interroge enfin !)

A peine quatre ou cinq minutes après ils sont chez moi, un jeune est très directif....

  • C'est pour vous !?
  • oui !?
  • Allez vous assoir ! tout de suite !
  • Ils prennent ma tension, 12 à droite, 17 à gauche (deux fois)
  • Ils recommencent, c'est bien ça !
  • Monsieur où sont vos papiers ? On vous emmènent aux urgences !
  • Il sont ici (en me levant)
  • Restez assis ! Ne faite rien !

Là nous partons... Je commence à paniquer, ma femme est obliger de rester avec ma fille, elle a aussi tout vu..... Elle appelle ma soeur pour venir la garder si elle peut !

Les urgences

Nous arrivons aux urgence (et là je me permet de parler de quel hôpital, tant je leur dois tout et a fait un travail formidable) de l’hôpital St Luc - St Joseph à Lyon...

Au bout d'environs 5 minutes une jeune femme vient vers moi et me fait faire un ECG (electro-cardio-gramme, heu ? C'est le coeur ?)...

  • C'est bon Mr Besson !

Deux minutes après un jeune homme, m'indique qu'il vont me mettre à l’écart pour être plus tranquille avec le cardiologue qui vient !

  • Le cardiologue... le coeur....???? , p'tain merde je n'y avais même pas pensé ! ah merde ! (oui là je panique)

Le cardiologue est une femme, elle refait un ECG....

  • Mr Besson vous êtes en train de faire un 'infarctus et nous allons faire une échographie afin de voir pourquoi afin d'agir !

L'échographie lui révèle que j'ai une aorte de 45-47 mm de diamètre, c'est trop gros 20-30 mm est la moyenne....

  • Je suspecte une future déchirure de l'aorte, et si cela est le cas nous aurons que quelques minutes pour agir.
  • cf : "Agir pour quoi ?" lui demande-je ?
  • Pour vous sauver !
  • Dans ce cadre c'est une opération assez lourde dont nous avons l’habitude qui est de remplacer l'aorte par un tube .... (pas glop) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dissection_aortique#Traitement_chirurgical
  • Afin de lever le doute nous allons vous faire passer un scanner....
  • Dans le cas où cela n'est pas une déchirure, une angioplastie http://fr.wikipedia.org/wiki/Angioplastie sera effectuée et on attendra la confirmation de la/les obstructions d'une ou plusieurs coronaires....
  • Le chirurgien interviendra en fonction, c'est une opération de moins d'une heure.... On placera un petit tube par l'artère du bras droit ou par l'artère fémorale avec une anesthésie locale !

Le souci est que le scanner à l'étage des urgences est en panne et celui du premier étage n'est pas configuré pour le coeur ou il manque une pièce, je n'ai pas trop saisi.... En attendant il me donne un peu de trinitrine... Un vaso-dilatateur : http://www.eurekasante.fr/medicaments/vidal-famille/medicament-gp1224-TRINITRINE-MYLAN.html

Le radiologue arrive, les médecins parlent entres eux.... Ma femme est arrivée entre temps les médecins lui expliquent la situation (très grave) devant moi qui feint de rester cool ! Cela ne marche pas... vertiges, angoisses et hop re-trinitrine !

C'est décidé on me monte au premier étage pendant qu'ils règlent ce scanner....

le scanner

Je suis sur un lit d'urgence et le technicien me rentre dans le mauvais sens.... Oui si ce scanner est mis en sorte d'avoir les pieds en premiers, il faut entrer le patient dans ce sens afin d'éviter toute manipulation de retournement au patient (qui meurt de crise cardiaque en l’occurrence et qui est moi en deuxième occurence)... Le technicien lui ne le sait pas, on commence alors à me demander de me tourner ! Un médecin que j'avais alors déjà vu rentre et ordonne :

  • Mr Besson ne bougez pas ! Ne faites aucun effort !
  • C'est vous qui allez le tourner avec notre aide !
  • glupppps !

Je fais un premier passage..... Puis un deuxième... Dix minutes passes, le premiers cardiologue vient me voir et m’annonce que ce n'est pas l'aorte qui se déchire et qu'ils sont rassurés sur ce point ! Mais qu'elle est anormalement grosse pour mon gabarit ! Et oui je fais 1m60 et mon aorte à un diamètre deux fois plus gros que la moyenne !

On n’emmène en salle d'angioplastie !

Bonjour ! Je suis le Dr de l'angioplastie.... Je vais vous opérer !

 

En moins de cinq minutes mon bras droit est endormi, le chirurgien commence son opération (la mienne aussi....). Quelques temps après, il chuchote pas assez bas à son assistante "Vous comprenez pourquoi on va en chi..."

Mon artère est fine et cela ne passe pas plus loin que mon bras.... On a perdu vingt minutes.....

Il remet un peu de sauce, histoire que mon bras, qui est tout de même un peu maintenu, ne se réveille pas !

Et là cela fonctionne.... Quelque blagues plus tard.... Oui ! Nous avons raconté des bêtises avec le chirurgien...

Pour me détendre ils me mettent un masque qui m'endors un peu.... et je vous avoue que pendant cette opération (qui doit me sauver la vie) j'ai réfléchi, pensé, à ma fille Sarah décédée en octobre 2012, ce qu'elle avait supporté pendant toute sa vie c'est à dire  ses trois premiers mois de vie, à sa soeur jumelle ma Lisa...

Pendant que je pensais que je ne verrais peut-être pas voir grandir ma merveille , un  "Papa !" c'est fait entendre, comme elle sait le faire et m'a ramené dans cette salle d’opération.....

Là le chirurgien me dit !

  • Allez la phase réparation !
  • clic clic, pchiiiit, clic.....
  • Voilà !
  • Mr Besson c'est fait ! Nous avions la coronaire droite d'obstruée ! Celles de gauche c'est parfait !
  • Je vous montre avant ! (Là un chapelet de boudin antillais au lieu d'un tube simple)

coronaire-droite-avant

coronaire-droite-stent-apres

Je remercie déjà le chirurgien et tous ceux que je croise, je pense que j'ai eu peur au fond... Peur de mourir !

Je rentrais à 00h00 en salle d'opération et en sortais à 00h58...

Après

La suite vous l'aurez compris, est d'une banalité (raconter son infarctus), mais elle est pourtant si importante... Cette suite est liée à la très forte impression qu'on a de mourir et que la vie ne tient qu'à un fil lors de cette crise... Que les choses aux quelles on tient ne sont rien en comparaison de celles aux quelles on tient réellement !

La mort n'est rien, c'est le vide, le néant, mais celui-ci s'accompagne d'être conscient juste avant de louper des moments qu'on ne veut pour rien au monde rater !

Aux équipes

Grâce à une prise en charge rapide des pompiers, puis des urgences, ainsi que de l'équipe de cardiologues et personnel soignant lors de cet infarctus à presque 45ans...

Je suis encore là pour pouvoir les remercier infiniment de me permettre de voir grandir ma fille Lisa !

Je ne saurais jamais comment les remercier pour cette nouvelle vie qui continue !

Simplement merci !

PS :

Je ne fume plus c'est une chose de gagnée, je vais devoir réduire le risque du stress et des graisses...

PS 2 :

Beaucoup de mal quand au stress et crises d'angoisse !

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6 Responses

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  1. Fenrir says

    Rien que la lecture de ce billet m'a fait mal aux tripes, je n'ose même pas imaginer ce que vous (tes proches et toi) avez ressentis !
    Même si, comme tu l'indiques, c'est une "banalité", ça n'en reste pas moins une sacrée épreuve.

    Bon rétablissement et au plaisir de te lire

  2. lolotux says

    Merci...
    Aujourd'hui la partie la plus difficile s'annonce, le travail psychologique qui lui n'est pas ou très peu pris en compte en France !

  3. Dominique says

    Témoignage très émouvant !
    Très importante la réactivité des équipes médicales et il faut leur rendre hommage pour leur travail.
    C'est après coup que l'on s'aperçoit que l'on revient de loin.
    C'est comme une nouvelle vie qui reprend !

  4. Sainteglace says

    Bonjour, J'ai fait un infarctus le 19 août 2014. Si vous le voulez bien j'aimerai dialoguer avec vous. J.'ai cherché mais trouvé peu de témoignage de cette situation. La fédération de cardiologie édite des flayers avec des après des situations idéalisées.Je pourrai reprendre le plan de votre blog en plusieurs fois. Et aussi commencer par vous demander si vous avez des soucis peut-être avec les médicaments depuis cet accident ? Depuis 8 mois ma vie n'est absolument pas revenu comme avant. Les flayers vous disent vous êtes mieux qu'avant !Avant si ce n'est une grosse fatigue et de l'hypertension soignée depuis près de 30 ans, javais vu le cardiologue 10 mois avant l'infarctus pour mon traitement, je menais une vie très active ce qui n'a jamais été plus le cas depuis aôut.
    INTRODUCTION
    J'ai toujours fait du sport me déplaçant qu'à vélo, partant depuis + de 20 ans en vacances à vélo. D'abord en famille(en camping dans pays nordiques) puis en créant une association. Je n'ai jamais fumé, je ne suis pas en surpoids, je mange sainement la cuisine que je prépare(j'envisage d'ailleurs de préparer un BTS de diététique). J'ai seulement de l'hypertension. D'après 2 cardiologues la faute à pas de chance. Mais quand même un infarctus.
    Le 1er juin,un dimanche midi, une portière malencontreuse s'ouvre brutalement devant mon vélo. Mon mari lui est devant à 1m , il a pu passé. Un gros trou noir, une tête énorme, impossible de se relever (cela m'est déjà arrivé mais jamais avec une telle violence)les pompiers, pas le SAMU parce que je suis consciente, qu'il est dimanche et aussi parce que le CHU est complet on me conduit (d'abord il faut attendre la police, avant de me déplacer) dans un hôpital privé. J'y resterai jusque 22heures(je fais court) et je sors sous la surveillance de mon mari(il n'est pas médecin)
    Après toujours fatigué. Et le 19 août, je me lève, je vais aux toilettes, je me recouche pour quelques minutes....Et là douleur sous le bras (je prends un anti-douleur, surement mes vertèbres) puis mal à l'estomac je crois(un cachet pour l'estomac) ça ne passe pas un petit cachet pour le stress. Alors là mon mari appelle le cabinet médical qui dit d''appeler le samu. Il est là rapidement. Il pense peut être une pancréatite. Soigné sur place puis embarqué au CHU. Aux urgences urgence,j'appelle mon mari qu'il m'amène mes chaussures et une veste, je vais sortir je me sens bien; mon mari me rejoins il ne pouvait pas monter dans l'ambulance. La journée se passe.Je suis debout, je vais sur mes petites jambes passer une radio. Vers 18h l'urgentiste repasse dans ma chambre et peste en disant il ne vous ont fait que ça! Une radio des poumons. Je dois rester.Mon mari repart. Eh ! à 21h débarquement dans ma chambre Je ne plus bouger, plus marcher, plus aller aux wc. et l'on m'emmène aux urgences cardio.
    Pouvez-vous me dire comment cela se passe pour vous avec votre traitement. Le coeur ça va mais la vie est difficile, plein d'effets bizarres, je ne vois que des spécialistes des ...ogues et avec les analyses (je n'aurai qu'un rdv le 7 juillet en médecine interne) .
    La suite ....si voulez bien

  5. lolotux says

    Bonjour

    Merci de votre témoignage....
    La seule chose qui reste de cet infarctus est la peur de la récidive... Cela me crée des crises d'angoisses qui ressemblent à s'y méprendre a un infarctus...
    En ce moment c'est régulier, après 2-3h de sommeil, réveille avec douleur poitrine, difficultés légères à respirer....
    Bref moi c'est le côté psy qui est difficile.

    Merci encore

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