Skip to content


La bataille Hadopi partie II

La bataille Hadopi

Rappel de la guerre contre la cassette audio et la VHS

Frédéric Fabri Auteur inLibroVeritas & membre Odebi.org

Les mêmes peurs ont été exprimées avec le piano mécanique, le disque, le photocopieur, la radio, le cinéma, la télévision (les studios d'Hollywood ont refusé pendant des années d'accorder des licences sur leurs films aux chaînes de télévision, qui sont aujourd'hui une source première de revenus), le magnétoscope... à chaque fois, l'industrie annonçait sa mort prochaine, et à chaque fois elle a su tirer le meilleur profit de ces innovations. Cette industrie en fait détient les contenus précédents et les artistes. Elle défend les fonds de commerce qui rapportent, puis s'immisce dans les nouveaux médias à sa vitesse, avec la complicité des politiques. Grâce à la rigidité des droits d'auteurs, toujours revus à la hausse après la mort même de l'artiste, ils exercent un pouvoir de chantage sur la nouvelle technologie. En 1920, les musiciens en Amérique avaient réussi à interdire aux radios de passer de la musique. Néanmoins, en 1930, la technologie du disque étant très imparfaite elle a presque disparu car sa qualité ne pouvait concurrencer celle de la radio. Aujourd'hui, les radios paient une redevance et doivent « annoncer » leurs programmes dans tous les pays du monde. En 1960, c'est l'envolée du disque, les tourne-disques, devenus peu coûteux grâce à l'invention du transistor quelques années plus tôt, deviennent accessibles au plus grand nombre. C'est un nouveau marché qui va estomper les autres secteurs de la musique, sans pour autant les faire disparaître. En 1980, on parle de crise de la musique face à la baisse des ventes de vinyle. Le ministre de la culture de l'époque Jean-Philippe Lecat parle de piratage, qualifie cette baisse de « forte » sans l'estimer numériquement, et parle d'une baisse double aux états-Unis. Il prépare le terrain à une catastrophe annoncée.

En 1984, Jack Lang reparle des pirates. Il s'agit néanmoins de véritables contrefacteurs, qui inondent le marché de la vidéo de copies illégales et s'enrichissent. Toutefois, cela n'est possible qu'avec des complicités dans le milieu du cinéma. En 1986, il va faire un cadeau qui aujourd'hui se monte à 160 millions d'euros annuels à la musique et au cinéma : la taxe sur les supports au nom de la copie privée. Le montant, à l'origine basé sur la cassette audio et la cassette vidéo concerne aujourd'hui tous les espaces de stockage de données, et le montant est fixé arbitrairement par une commission (ALBIS) avec la bénédiction du Ministère de la Culture. à cette époque, le boum des radios libres et les nouvelles chaînes de télévision dopent les revenus de la SACEM. L'arrivée du CD va générer aussi un renouvellement des répertoires détenus par les particuliers. C'est un deuxième âge d'or consécutif au premier. Mais en 1999, on tire à nouveau le signal d'alarme. Il faut treize minutes pour télécharger une chanson. On diffuse un reportage montrant un jeune qui joue la provoc. Il ne va à la FNAC que pour y choisir ce qu'il va pirater ensuite. Il s'appelle Nicolas. Il ne revend pas. C'est pour lui et c'est facile. C'est le nouveau visage du pirate. Il existe déjà une brigade anti-piraterie à la SCPP, et on parle d'investissements considérables, de survie de l'artiste. Des arguments aujourd'hui éculés. En dix ans, Internet a plus que décuplé de volume. Mais en 2009, de l'aveu même des responsables, l'offre légale n'a que peu progressé en volume, et il est décidé cette fois de tenir des promesses, déjà faites en 2004 en échange d'une loi anti-piratage nommée DADVSI. Cette promesse intervient juste avant une loi encore plus répressive, Hadopi, aggravant les sanctions avec une coupure Internet, des amendes et une aggravation des peines maximum en cas de piratage à grande échelle. à chaque fois, les internautes n'ont pas été écoutés et le parti en place a profité de sa majorité absolue pour faire passer des mesures impopulaires et critiquables quant au droit, car des mesures d'exception ont été prises. Comment les internautes réagiront-ils vis-à-vis de l'industrie musicale après ce combat acharné pour sauvegarder ses gains en pleine période de crise planétaire ? Ce n'est pas le plus important. Depuis 1960, les petits artistes sont les grands perdants de l'avènement de l'industrie musicale de masse à cause du choix délibéré de concentrer les efforts sur un petit noyau de valeurs sûres et des titres éphémères.

Ils ressuscitent aujourd'hui sur Internet, en se produisant sous des licences libres. Plus variée et originale, cette musique libre de passionnés, totalement en dehors du circuit commercial, aspire au moins à la reconnaissance.

Retrouvez ces lignes dans le livre : La bataille HADOPI

Print Friendly, PDF & Email

Posted in Important, Opinion, Réaction, Toutes. Tagged with , , .

2 Responses

Stay in touch with the conversation, subscribe to the RSS feed for comments on this post.

  1. Contribution de bien mauvaise qualité, mal écrite en n'apportant pas grand chose comme vision, heureusement que le livre a d'autres articles bien mieux écrits et plus intéressants.

  2. admin said

    Peut-être, mais ce qui me semblait important est le fait de "re" souligner que cette bataille avait eu lieu, ailleurs, avant...
    Et que malgré tout, ils (les majors) vivaient encore !

Some HTML is OK

(required)

(required, but never shared)

or, reply to this post via trackback.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.


/* */
Creative Commons License
Cette création par Laurent Besson est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.